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Sommaire :
- Une fin prématurée inexpliquée
- Impact sur le trafic et les revenus
- Des tensions régionales persistantes
L’Autorité du canal de Suez (SCA) a suspendu, avec effet immédiat, sa remise de 15% sur les droits de transit pour les grands porte-conteneurs. Cet incitatif a été retiré trois mois plus tôt que prévu.
Cette décision intervient alors que la fermeture du détroit d’Ormuz pousse de nombreux transporteurs à éviter de plus en plus le corridor stratégique du Moyen-Orient.
Une fin prématurée inexpliquée
La suspension, publiée dans une circulaire de la SCA le 2 avril 2026 et entrée en vigueur le 7 avril, met fin à la ristourne établie en 2025. Elle visait principalement les porte-conteneurs de plus de 130 000 tonneaux de jauge brute.
L’autorité égyptienne n’a fourni à ce jour aucune explication claire sur cette résiliation anticipée.
Pour rappel, la SCA avait introduit cette réduction le 15 mai 2025. L’objectif initial était d’encourager le retour du trafic maritime après les attaques des Houthis, qui avaient provoqué un reroutage massif vers le cap de Bonne-Espérance.
Impact sur le trafic et les revenus
Les données officielles de la SCA révèlent tout de même une amélioration : entre le 1er janvier et le 8 février 2026, 1 315 transits ont généré 449 millions de dollars de revenus.
Ces chiffres sont en hausse par rapport à l’année précédente, où seulement 1 243 transits avaient généré 368 millions de dollars sur la même période en 2025.
Le trafic de porte-conteneurs avait en effet commencé à se rétablir dès la fin 2025, marqué notamment par le premier transit historique d’un navire de plus de 23 000 EVP depuis deux ans.
Des tensions régionales persistantes
Cependant, le président de la SCA, Ossama Rabiee, considère cet évitement des routes habituelles comme « temporaire et lié à l’évolution de la sécurité dans la région ».
L’autorité égyptienne souligne également que « la navigation dans le canal se poursuit normalement dans les deux directions » en dépit du contexte géopolitique.
Une assurance qui contraste toutefois avec la réalité des transporteurs. Ces derniers doivent désormais assumer des primes de risque très élevées sur deux passages critiques : le canal de Suez et le détroit d’Ormuz.
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