Longtemps resté dans l’angle mort de l’Administration des Douanes, le trajet entre le port et l’entrepôt final est désormais sous les projecteurs. Le Projet de Loi de Finances 2026 impose une traçabilité totale : l’importateur doit désormais lever le voile sur le lieu exact de stockage de ses marchandises.
Un verrouillage stratégique du flux
Si la douane marocaine a toujours excellé dans le contrôle aux frontières, elle s’attaque désormais à la « zone grise » qui suivait la mainlevée. En obligeant la déclaration d’une adresse de stockage précise dans la DUM, l’État transforme le déchargement en une opération monitorée. Pour les directeurs logistiques, cela signifie que la responsabilité ne s’arrête plus à la sortie du terminal à conteneurs.
Ce que dit la loi : Précision et Sanctions
L’ambiguïté n’est plus permise. L’adresse doit être exhaustive : numéro, rue, zone industrielle, voire le numéro du dépôt au sein d’un complexe logistique.
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L’infraction : Une adresse incomplète ou erronée est désormais une infraction de 3ème degré.
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L’amende : Le couperet tombe entre 30 000 et 60 000 DH par déclaration litigieuse.
Vers une convergence Douane-Impôts
Cette mesure n’est pas qu’une formalité logistique ; elle est le bras armé d’une stratégie fiscale plus large. En localisant physiquement les stocks, l’administration facilite les croisements de données avec la Direction Générale des Impôts (DGI).
« L’idée n’est pas de contrôler chaque carton, mais de s’assurer que le stock déclaré à l’import correspond à la réalité physique des entrepôts, limitant ainsi les ventes ‘sous le manteau’ qui alimentent le secteur informel. »
Le défi de la mise en conformité
Pour les entreprises, ce changement demande une coordination parfaite entre le service Achats, le Transitaire et le Responsable d’Entrepôt. Il ne s’agit plus seulement d’importer, mais de justifier la destination finale avant même que le camion ne quitte le port.