Dans un marché où les méthaniers à turbine à vapeur sont massivement envoyés à la démolition, l’armateur indonésien Buana Lautan Line réalise un pari audacieux en rachetant le Seapeak Jupiter pour 14,9 millions de dollars.
Sommaire
- Un rachat opportuniste : 14,9 M$ pour éviter la casse
- La fin de l’ère de la vapeur face aux normes vertes
- Des taux d’affrètement au plus bas
- 2026 : Une année record pour la démolition des méthaniers
Un rachat opportuniste : 14,9 M$ pour éviter la casse
L’industrie du gaz naturel liquéfié (GNL) assiste à un phénomène rare. Alors que la plupart des navires de plus de 20 ans sont promis au démantèlement, l’armateur indonésien Buana Lautan Line a décidé d’aller à contre-courant.
En déboursant 14,9 millions de dollars pour l’acquisition du Seapeak Jupiter (rebaptisé Gas Polaris), Buana offre une seconde vie à ce méthanier de 138 000 m3 construit en 2002. Un pari risqué mais potentiellement rentable si la stratégie de niche porte ses fruits.
La fin de l’ère de la vapeur face aux normes vertes
Le destin habituel des méthaniers à turbine à vapeur est aujourd’hui tracé au chalumeau. Jugés obsolètes, ces navires sont les premières victimes des nouvelles réglementations environnementales internationales et de la flambée des coûts énergétiques.
Le vendeur, Seapeak, procède d’ailleurs méthodiquement à l’élagage de ses unités vieillissantes. Il y a peu, l’entreprise envoyait à la casse le Seapeak Mars, pourtant plus récent, marquant symboliquement le premier démantèlement de l’année 2026.
Des taux d’affrètement au plus bas
La réalité économique est cruelle pour les anciens géants des mers. Les taux d’affrètement spot se sont effondrés, oscillant autour de 15 000 dollars par jour pour des contrats annuels.
À ces niveaux de prix, la poursuite de l’exploitation devient difficilement justifiable pour les grands armateurs mondiaux, qui préfèrent investir dans des navires de nouvelle génération plus économes et respectueux du climat.
2026 : Une année record pour la démolition des méthaniers
L’activité des chantiers de démolition s’intensifie. Récemment, l’armateur malaisien MISC a cédé trois unités japonaises pour un démantèlement au Bangladesh au prix d’environ 381 dollars par tonne.
Au total, 14 navires construits entre 1995 et 2004 ont été ferraillés l’an dernier. Face à cette hécatombe, le pari de Buana Lautan Line sera scruté par tout le secteur : opportunisme de génie ou erreur stratégique ? Seule l’évolution du marché gazier nous le dira.
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