Réunis ce 30 octobre 2026 par visioconférence, le président de l’Autorité du canal de Suez, l’amiral Ossama Rabiee, et le président-directeur général de l’armateur allemand Hapag-Lloyd, Rolf Habben Jansen, ont officialisé la reprise du transit de trois lignes régulières par la voie égyptienne et la mise en place d’un groupe de travail conjoint pour accélérer le retour des liaisons avec l’Asie.
La normalisation progressive des transits maritimes à travers le canal de Suez franchit une étape opérationnelle de premier plan avec l’engagement officiel du cinquième armateur mondial de conteneurs. Lors d’un sommet bilatéral tenu par visioconférence ce 30 octobre 2026, l’amiral Ossama Rabiee, président et directeur général de l’Autorité du canal de Suez (SCA), s’est entretenu avec Rolf Habben Jansen, président-directeur général de Hapag-Lloyd, en présence d’Anders Boenaes, directeur des opérations de la compagnie allemande, de Juan Pablo Richards, directeur général senior pour la région Europe du Sud, de l’ingénieur Marwan El-Sammak, président de Hapag-Lloyd Égypte, ainsi que des docteurs Fathy Abdel Bary et Hossam Abdel Karim, respectivement directeur et directeur adjoint du département de la planification et de la recherche de l’autorité portuaire. Les échanges ont porté sur la consolidation de la coopération maritime bilatérale et l’accélération du calendrier de réorientation des navires vers le corridor égyptien.
Au cours des discussions, le directeur des opérations d’Hapag-Lloyd, Anders Boenaes, a formellement confirmé que la réintégration graduelle du canal est d’ores et déjà effective pour trois lignes régulières de l’armateur hambourgeois, précisant que des services supplémentaires opérant sur les routes commerciales reliant l’Europe à l’Extrême-Orient doivent réintégrer cet itinéraire dans les prochaines semaines. Cette annonce consacre le rôle prépondérant de la voie navigable dans la réorganisation des chaînes logistiques globales, dans un contexte de forte volatilité des marchés maritimes.
Le président-directeur général d’Hapag-Lloyd, Rolf Habben Jansen, a pour sa part qualifié le passage par Suez de route maritime structurellement attractive dès lors que les conditions de navigation le permettent, formulant le vœu que l’amélioration de la situation sécuritaire se pérennise pour préparer le rétablissement complet des flux réguliers. Le dirigeant allemand a également acté la constitution immédiate d’un groupe de travail mixte avec l’administration du canal, destiné à instruire de nouvelles opportunités d’investissement conjointes et à élaborer des propositions concrètes répondant aux intérêts économiques partagés des deux parties.
L’axe de coopération stratégique s’étend également au développement des infrastructures portuaires et à la formation des compétences maritimes. Les deux délégations ont examiné les perspectives de synergie entre l’Académie de formation maritime et de simulation de la SCA et le terminal à conteneurs de l’alliance de Damiette (DACT), désigné sous le nom de projet Tahia Misr 1 au port de Damiette, dans lequel Hapag-Lloyd figure comme investisseur de référence. Ce partenariat ciblera en priorité le perfectionnement et l’entraînement spécialisé des pilotes maritimes afin d’optimiser la sécurité des manœuvres et le traitement des plus grands porte-conteneurs de la flotte.
En ouverture de séance, l’amiral Ossama Rabiee a réaffirmé que le retour des grandes compagnies de transport de ligne vers le canal de Suez constitue la décision la plus rationnelle et économique face au renchérissement durable des soutages de carburant et à l’absence d’alternatives viables et soutenables au contournement de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Tout en exprimant son souhait de voir l’intégralité des services de l’armateur allemand reprendre leurs passages dans des délais rapprochés, le dirigeant égyptien a garanti la pleine mobilisation des ressources logistiques, du remorquage et de l’assistance de la SCA, tandis que Juan Pablo Richards a salué la capacité du canal à poursuivre le développement de sa flotte et la modernisation de son chenal en dépit des soubresauts géopolitiques régionaux.