Une avancée réglementaire historique pour le déploiement du captage de CO2 à bord des flottes
L’Organisation Maritime Internationale (OMI) a accordé son soutien de principe à une proposition visant à reconnaître la minéralisation du carbone comme une méthode de stockage permanent du CO2 pour le secteur maritime. Cette décision, prise lors de la session du Comité de protection du milieu marin (MEPC 84), ouvre la voie à une adoption rapide des technologies de captage de carbone à bord.
Cette reconnaissance résout le principal obstacle réglementaire et logistique du captage de carbone embarqué en éliminant la nécessité d’infrastructures de stockage géologique côtières complexes.
| Décision réglementaire | Soutien de principe de l’OMI pour la minéralisation du CO2 |
| Principe technique | Conversion du CO2 capté en minéraux solides (ex. carbonate de calcium) |
| Porteur du projet | Shanghai Qiyao Technology Group (Chine) |
| Démonstration réelle | Installation réussie sur un porte-conteneurs de 14 000 EVP |
Sommaire
- Le principe de la minéralisation du CO2 embarqué
- Le déblocage logistique du stockage de carbone
- Quels bénéfices pour les armateurs en France et à Tanger Med ?
- L’essentiel à retenir
Le principe de la minéralisation du CO2 embarqué
La proposition, portée par le groupe chinois Shanghai Qiyao Technology Group, consiste à capter le dioxyde de carbone directement dans les gaz d’échappement du navire et à le transformer par réaction chimique en carbonate de calcium solide. Ce minéral stable et inerte ne présente aucun risque de fuite ou de pollution et peut être valorisé à terre comme matériau de construction.
Qiyao a d’ailleurs réalisé une démonstration en conditions réelles sur un porte-conteneurs de 14 000 EVP, prouvant la faisabilité de l’ensemble du processus depuis la capture en mer jusqu’au déchargement à terre.
Cette technologie permet ainsi de stocker le carbone sous forme solide à bord, simplifiant considérablement la manipulation par rapport au CO2 liquide réfrigéré.
Le déblocage logistique du stockage de carbone
Jusqu’à présent, les projets de captage de carbone à bord (OCCS) se heurtaient à l’absence de terminaux portuaires équipés pour recevoir du CO2 liquéfié sous pression. La minéralisation résout cette contrainte en permettant un déchargement similaire à celui de marchandises sèches en vrac.
La société de classification DNV a récemment publié des lignes directrices pour mesurer et valider l’efficacité de ces systèmes de captage embarqués, renforçant la confiance des armateurs.
Cette approche est également soutenue par la Chambre internationale de la marine marchande (ICS), qui y voit une solution de transition réaliste et immédiate pour réduire l’intensité carbone de la flotte mondiale.
Quels bénéfices pour les armateurs en France et à Tanger Med ?
Cette validation réglementaire est cruciale pour les armateurs opérant vers l’Europe, soumis aux taxes du système EU ETS et à la directive FuelEU Maritime. L’installation de systèmes de captage et de minéralisation permettra aux navires plus anciens de continuer à faire escale dans les ports français de Marseille-Fos ou du Havre sans subir de pénalités financières majeures.
Le port de Tanger Med au Maroc, en tant que carrefour logistique mondial, pourrait développer des infrastructures pour collecter et valoriser ces sous-produits minéraux déchargés par les flottes internationales, créant ainsi une nouvelle filière d’économie circulaire locale.
Cette avancée offre une alternative crédible et moins coûteuse que le passage immédiat à des carburants de synthèse encore rares et onéreux.
L’essentiel à retenir
- Soutien réglementaire : L’OMI valide la minéralisation du carbone à bord, transformant le CO2 capté en solides valorisables.
- Avantage logistique : Cette technologie élimine le besoin d’infrastructures de stockage de CO2 liquéfié sous pression dans les ports.
- Filière d’avenir : Tanger Med et les ports français préparent des solutions de valorisation de ces minéraux pour accompagner la transition des flottes.