Une flotte de super-vraquiers de 210 000 tpl pour accélérer le transport maritime zéro émission
Le géant minier et énergétique australien Fortescue a conclu un accord majeur avec la compagnie belge CMB.TECH pour l’affrètement de 12 vraquiers de type Newcastlemax de 210 000 tpl propulsés à l’ammoniac. Cet accord marque une étape décisive pour l’adoption commerciale des carburants verts dans le transport maritime lourd.
La flotte sera opérée par Bocimar, la branche de transport de vrac sec de CMB.TECH, renforçant une collaboration industrielle de plus de vingt ans entre les deux entités.
| Flotte affrétée | 12 navires Newcastlemax (210 000 tpl) de Bocimar |
| Mise en service échelonnée | 3 navires dual-fuel ammoniac fin 2026, 9 navires « ammonia-ready » |
| Réduction de CO2 | Environ 250 000 tonnes de CO2 économisées par an |
| Partenaire industriel | CMB.TECH (Saverys, Belgique) et Fortescue (Australie) |
Sommaire
- Une flotte pionnière propulsée à l’ammoniac vert
- Un impact environnemental majeur pour le vrac sec
- L’alliance Fortescue-OCP et le rôle stratégique du Maroc
- L’essentiel à retenir
Une flotte pionnière propulsée à l’ammoniac vert
Le calendrier de livraison prévoit que trois navires équipés de moteurs dual-fuel à l’ammoniac entreront en service d’ici la fin de l’année 2026. Les neuf autres super-vraquiers seront livrés pré-équipés (« ammonia-ready »), permettant leur conversion rapide dès que la filière d’avitaillement sera pleinement opérationnelle.
Cette commande de CMB.TECH démontre la maturité croissante des technologies de combustion d’ammoniac développées par sa filiale d’ingénierie.
L’accord s’inscrit dans l’ambition de Fortescue d’atteindre la neutralité carbone pour ses opérations de transport maritime d’ici 2030.
Un impact environnemental majeur pour le vrac sec
Le transport de vrac sec à longue distance, notamment le minerai de fer, est l’un des segments les plus difficiles à décarboner. L’exploitation de ces 12 navires à l’ammoniac vert permettra d’éviter le rejet de près de 250 000 tonnes de dioxyde de carbone par an par rapport aux carburants fossiles traditionnels.
La réduction des émissions de CO2 s’accompagne également de l’élimination quasi totale des rejets de soufre et d’oxydes d’azote à l’échappement.
Cette initiative sert de projet pilote pour l’industrie, démontrant qu’il est techniquement et commercialement possible d’exploiter de grands navires hauturiers avec des carburants alternatifs.
L’alliance Fortescue-OCP et le rôle stratégique du Maroc
Cette commande de navires à l’ammoniac s’aligne parfaitement avec les projets de Fortescue au Maroc. En 2024, le groupe australien a formé une joint-venture stratégique avec l’OCP Group pour développer la production d’hydrogène et d’ammoniac vert dans le Royaume.
Le complexe portuaire de Tanger Med et le futur port de Nador West Med sont idéalement positionnés pour devenir des hubs majeurs de ravitaillement (bunkering) pour ces navires du futur. En France, le port de Marseille-Fos et celui du Havre se dotent également d’infrastructures de stockage d’ammoniac vert pour alimenter l’industrie locale.
La mise en place de ces corridors verts transméditerranéens permettra de connecter directement la production d’ammoniac marocaine aux lignes de transport maritime mondiales.
L’essentiel à retenir
- Commande historique : Fortescue affrète 12 vraquiers de 210 000 tpl propulsés à l’ammoniac auprès de CMB.TECH.
- Livraison imminente : Trois navires dual-fuel entreront en service dès fin 2026, les neuf autres étant conçus pour une conversion ultérieure.
- Synergie marocaine : Cette logistique verte s’inscrit dans le cadre de la joint-venture Fortescue-OCP pour la production d’ammoniac vert au Maroc.