Une chaîne logistique pionnière entre les États-Unis et le Japon pour décarboner l’électricité
Les deux géants japonais du transport maritime, Mitsui OSK Lines (MOL) et Nippon Yusen Kaisha (NYK), ont signé des contrats d’affrètement à long terme avec le producteur d’électricité JERA. Cet accord porte sur l’exploitation de quatre navires transporteurs de gaz géants (VLGC) dédiés au transport d’ammoniac bas carbone.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de transition énergétique du Japon, visant à introduire la co-combustion d’ammoniac dans ses centrales thermiques pour réduire drastiquement les émissions de CO2.
| Armateurs engagés | MOL et NYK (2 navires chacun) |
| Affréteur | JERA (premier producteur d’électricité du Japon) |
| Capacité des navires | 87 000 m³ par VLGC (Kawasaki Heavy Industries) |
| Mise en service | Livraisons dès 2027, opérations commerciales en 2029 |
Sommaire
- La première chaîne logistique d’ammoniac au monde
- Des navires écologiques de dernière génération
- Les perspectives pour le Maroc et Tanger Med
- L’essentiel à retenir
La première chaîne logistique d’ammoniac au monde
L’ammoniac bas carbone sera acheminé depuis les États-Unis vers la centrale thermique de Hekinan, située dans la préfecture d’Aichi au Japon. JERA prévoit d’y réaliser une co-combustion à hauteur de 20% d’ammoniac d’ici 2029, ce qui constituera une première mondiale à cette échelle industrielle.
Les quatre navires, commandés auprès du chantier naval japonais Kawasaki Heavy Industries (KHI), assureront un flux régulier pour sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’archipel.
Ce contrat à long terme concrétise les protocoles d’accord initiaux signés en 2022 et marque le démarrage opérationnel de la filière.
Des navires écologiques de dernière génération
Les futurs VLGC d’une capacité de 87 000 m³ bénéficieront d’une propulsion à double carburation GPL et fuel à très basse teneur en soufre (VLSFO), limitant ainsi leur propre empreinte environnementale durant les traversées.
L’ammoniac, sous sa forme liquéfiée, requiert des technologies de stockage réfrigéré hautement sophistiquées similaires à celles utilisées pour le GPL. KHI possède une expertise reconnue dans la construction de ces cuves pressurisées.
Pour MOL et NYK, cette alliance renforce leur positionnement sur le marché porteur des carburants alternatifs et de la logistique des gaz liquéfiés verts.
Les perspectives pour le Maroc et Tanger Med
Cette structuration d’une chaîne logistique mondiale de l’ammoniac préfigure les futurs flux entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Le Maroc, grâce à son plan national pour l’hydrogène vert, ambitionne de devenir un exportateur majeur d’ammoniac vert vers l’Union européenne.
Le port de Tanger Med se prépare activement à adapter ses terminaux de vracs liquides pour le stockage et le soutage (bunkering) de l’ammoniac. En France, le port de Marseille-Fos développe également des projets d’infrastructures d’accueil pour ces molécules décarbonées destinées à l’industrie pétrochimique de la vallée du Rhône.
Le développement de ces technologies de transport est essentiel pour concrétiser les ambitions d’exportation d’énergie propre du Royaume chérifien.
L’essentiel à retenir
- Contrat historique : MOL et NYK vont exploiter 4 VLGC de 87 000 m³ pour le compte de JERA afin de transporter l’ammoniac américain au Japon.
- Transition énergétique : L’ammoniac servira à la co-combustion dans la centrale thermique de Hekinan dès 2029 pour réduire les émissions de CO2.
- Modèle pour le Maroc : Cette logistique à grande échelle valide les technologies indispensables au futur export d’ammoniac vert marocain.