Le constructeur japonais Kawasaki Heavy Industries franchit une nouvelle étape stratégique dans le développement du transport maritime de l’hydrogène en annonçant la construction de son premier navire d’hydrogène liquéfié de grande capacité, capable de transporter 40 000 m³.
Cette annonce intervient cinq ans après le lancement du SUISO FRONTIER, premier navire démonstrateur au monde dédié au transport d’hydrogène liquéfié, d’une capacité de 1 250 m³. Ce projet pilote avait permis de valider les solutions technologiques liées au transport de l’hydrogène à –253 °C, une contrainte majeure en matière de sécurité et d’ingénierie maritime.
Avec ce nouveau navire, Kawasaki passe désormais du stade expérimental à l’échelle industrielle, confirmant l’entrée du transport maritime de l’hydrogène dans une phase commerciale. L’objectif est clair : structurer une chaîne logistique maritime fiable et pérenne, capable d’accompagner la montée en puissance de l’hydrogène comme énergie stratégique.
Le projet ne se limite pas à la construction navale. Il s’accompagne également du développement d’un terminal portuaire dédié au déchargement de l’hydrogène liquéfié, qui verra le jour dans la zone industrialo-portuaire de la ville de Kawasaki, au Japon. Cette infrastructure spécialisée est un maillon essentiel de la chaîne, permettant d’assurer le stockage, la sécurité et la distribution de l’hydrogène importé.
À travers cette approche intégrée — navires, ports et énergie — Kawasaki illustre parfaitement la stratégie hydrogène japonaise, qui vise à renforcer la souveraineté énergétique du pays tout en positionnant son industrie navale sur des segments à forte valeur ajoutée. Dans un contexte de transition énergétique et de durcissement des réglementations internationales sur les émissions, le Japon mise sur l’innovation technologique pour redonner un avantage compétitif à sa construction navale.
Avec ce projet structurant, Kawasaki Heavy Industries confirme son rôle de pilier industriel dans le développement du transport maritime bas carbone et s’impose comme l’un des acteurs clés de la future économie mondiale de l’hydrogène.