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Moyen-Orient : les flux maritimes sous pression face à la convergence des périls dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb

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La cartographie de la navigation commerciale au Moyen-Orient subit une nouvelle recomposition sous le coup d’attaques répétées autour d’Ormuz, de la neutralisation de l’oléoduc stratégique saoudien Est-Ouest et de la prise de contrôle par les Houthis de positions clés dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Deux nouveaux navires de commerce ont été la cible d’assauts dimanche dans les eaux régionales. Le chimiquier pétrolier El Gaia, jaugeant 47 999 tpl et battant pavillon panaméen, a essuyé une frappe au large des côtes omanaises, provoquant la disparition d’un marin indien tandis que treize autres marins de même nationalité ont pu être secourus selon les autorités de New Delhi. Construit en 2005 et placé sous la gestion de la société émiratie Elsey Ship Management, le navire avait récemment appareillé du port de Sohar. Parallèlement, un porte-conteneurs iranien dont le nom n’a pas été divulgué a été touché par un projectile aux abords des îles de Qeshm et de Hengam, causant la mort d’une personne et plusieurs blessés d’après les déclarations officielles iraniennes, Téhéran imputant cette opération à un « ennemi terroriste » sans qu’aucune revendication ou confirmation de responsabilité ne soit immédiatement intervenue du côté de Washington.

Ces perturbations opérationnelles sont aggravées par l’arrêt survenu vendredi de l’oléoduc saoudien Est-Ouest, long de 1 200 kilomètres, consécutif aux dégâts infligés à une station de pompage lors d’une attaque de drones. Cette infrastructure majeure constitue l’exutoire fondamental de Riyad depuis six mois pour contourner les tensions du détroit d’Ormuz, assurant l’acheminement d’environ 4 millions de barils par jour à travers le territoire saoudien jusqu’au port de Yanbu sur la mer Rouge, soit approximativement 4 % de l’offre pétrolière mondiale. Les acteurs du secteur évaluent les réserves de brut disponibles à Yanbu à un niveau ne permettant de maintenir le rythme des exportations que durant cinq à sept jours supplémentaires, les prévisions relatives aux réparations oscillant entre un rétablissement rapide et un délai d’immobilisation de cinq à six semaines, alors que TankerTrackers.com relevait dimanche sur des clichés satellitaires l’assemblage en urgence d’une conduite de dérivation au sud de l’installation endommagée.

Cette situation d’urgence logistique est décuplée à l’autre extrémité du bassin de la mer Rouge par les développements militaires yéménites. Après s’être emparées de Mokha la semaine passée, les troupes houthies ont progressé vers l’île de Périm, désignée également sous le nom de Mayun, située au cœur même du détroit de Bab el-Mandeb, tout en occupant la localité côtière de Dhubab sur le littoral adjacent. Cette avancée octroie à la formation alignée sur l’Iran une capacité de contrôle considérablement renforcée sur le goulet méridional d’accès à la mer Rouge, en dépit des déclarations du mouvement affirmant que le transit international demeure sécurisé et que ses mesures d’interdiction visent exclusivement les navires saoudiens.

Face à cette nouvelle donne géographique, les analystes du cabinet Sea-Intelligence mettent en garde les compagnies maritimes contre une véritable « épée de Damoclès » pesant sur toute perspective de retour régulier en mer Rouge, soulignant la volatilité d’un environnement susceptible d’évoluer d’un jour à l’autre.

Source : Splash247

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