Propulsé principalement par le vent et soutenu par le groupe CMA CGM, le roulier innovant Neoliner Origin a effectué sa première escale au port belge de Zeebruges dans le cadre du déploiement de sa ligne commerciale transatlantique.
L’un des navires marchands les plus novateurs de la flotte internationale a réalisé sa première escale en Belgique, le roulier à propulsion vélique Neoliner Origin ayant accosté au terminal PSA du port de Zeebruges. Cette touchée s’inscrit dans le cadre de l’élargissement de la liaison maritime transatlantique opérée par l’armement nantais Neoline, avec le soutien stratégique et financier du groupe français CMA CGM. Le navire de 136 mètres assure désormais une boucle régulière connectant Zeebruges, Montoir-de-Bretagne, l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, Baltimore et Halifax. La rotation complète est programmée pour s’effectuer en cinq semaines durant la saison estivale et en six semaines en période hivernale, permettant d’assurer environ dix allers-retours annuels.
L’intégration du port de Zeebruges a été expressément conçue pour ouvrir ce service décarboné aux chargeurs industriels établis en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne ainsi que dans le nord de la France. Cette offre de transport propre est directement commercialisée par CMA CGM auprès de sa clientèle désireuse d’abaisser drastiquement l’empreinte environnementale de ses chaînes logistiques. Sur le plan technique, le Neoliner Origin s’appuie sur la force du vent comme mode de propulsion primaire grâce à deux mâts inclinables dotés du système SolidSail totalisant 3 000 mètres carrés de voilure solide, complétés par une motorisation auxiliaire diesel-électrique.
Exploité à une vitesse commerciale de croisière de 11 nœuds, le cargo est conçu pour acheminer du fret roulant, des conteneurs ainsi que des colis lourds et hors gabarit. L’armateur Neoline estime que cette configuration permet de réduire la consommation d’hydrocarbures de plus de 80 % en comparaison d’un navire traditionnel évoluant à une vitesse de 15 nœuds. Cette mise en service illustre le dynamisme de l’écosystème naval français, qui s’impose comme l’un des plus entreprenants dans le renouveau de la propulsion par le vent. Cette dynamique s’est déjà matérialisée par le cargo Canopée, doté de quatre ailes rigides Oceanwings pour le transport des pièces du lanceur spatial Ariane 6, les développements de la jeune pousse Vela qui conçoit des trimarans de charge à voiles de 67 mètres pour l’Atlantique, ainsi que la commande par la coopérative Windcoop d’un porte-conteneurs vélique de 210 EVP auprès d’un chantier turc en vue d’une livraison l’an prochain sur la ligne reliant la France à Madagascar.