Le géant italo-suisse du transport maritime Mediterranean Shipping Co étudie une prise de contrôle à hauteur de 80 % du chantier naval allemand Meyer Werft auprès des autorités publiques germaniques, consolidant sa stratégie d’intégration industrielle en Europe.
Le groupe de transport maritime et de croisière Mediterranean Shipping Co (MSC) a engagé des pourparlers préliminaires en vue d’un investissement stratégique majeur au sein du chantier naval allemand Meyer Werft. D’après les informations rapportées par l’agence Bloomberg ainsi que plusieurs organes de presse allemands, l’armateur négocie l’éventuelle reprise de la participation de 80 % actuellement détenue conjointement par l’État fédéral allemand et le Land de Basse-Saxe, la famille fondatrice Meyer conservant pour sa part les 20 % restants du capital. Les discussions demeurent à ce stade à une phase exploratoire, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été communiquée par les parties prenantes.
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de liens opérationnels déjà étroits entre le constructeur de Papenburg et le groupe maritime. La division croisière de MSC avait en effet conclu en décembre dernier une commande portant sur quatre navires de 180 000 tonneaux de jauge brute appartenant à la classe New Frontier, assortie de deux options supplémentaires, pour des livraisons échelonnées à partir de 2030. La direction de Meyer Werft avait d’ailleurs précisé en juin dernier que les études d’ingénierie détaillée ainsi que la finalisation contractuelle avaient atteint un stade avancé. Si l’activité de Meyer Werft demeure historiquement centrée sur les paquebots et les navires à passagers, le site industriel déploie également des compétences dans les structures offshore, les bâtiments de soutien logistique naval et les transformations d’unités marchandes.
L’intérêt manifesté pour le constructeur germanique intervient alors que MSC explore simultanément un autre dossier naval d’envergure sur le continent européen. En mai dernier, le groupe industriel et de défense allemand Rheinmetall avait confirmé son association avec MSC afin d’étudier la reprise du chantier naval roumain en faillite de Mangalia. Ce projet vise à transformer cette infrastructure bordant la mer Noire en un complexe à vocation duale dédié aux constructions tant civiles que militaires. Sous l’impulsion de la famille fondatrice Aponte, MSC accentue ainsi une diversification méthodique amorcée depuis plusieurs années, étendant son emprise bien au-delà de ses cœurs de métier originels que constituent le conteneur et la croisière, pour englober les terminaux portuaires, la logistique terrestre, le transport ferroviaire, le fret aérien ainsi que les pétroliers.