Ouvrant la 8ᵉ édition des Tangier Logistics Days réunissant plus de 300 acteurs de la supply chain au Tanger Med Port Center, le directeur général de TMPA, Idriss Aarabi, a présenté les performances record du complexe portuaire tout en affirmant que si l’intelligence artificielle perfectionne le calcul, seul l’arbitrage humain fonde la décision et la performance opérationnelle.
Le complexe Tanger Med accueille ce 25 septembre 2026, au sein du Tanger Med Port Center, la huitième édition des Tangier Logistics Days, rassemblant plus de 300 participants issus de l’écosystème de la logistique et du commerce international autour de la thématique « Supply Chain augmentée : l’Homme et la data, ressources rares et stratégiques ». Lors de son intervention inaugurale, le directeur général de Tanger Med Port Authority (TMPA), Idriss Aarabi, a mis en perspective la trajectoire ascendante de la plate-forme portuaire, qui a dépassé en 2025 le seuil des 11 millions de conteneurs EVP manutentionnés, en progression de 8,4 %, pour un volume global de 161 millions de tonnes traitées, tandis que l’activité enregistrée au premier semestre 2026 affiche une hausse de 6 % avec 84 millions de tonnes. Le dirigeant a également rappelé le positionnement mondial de Tanger Med, classé 16ᵉ port à conteneurs de la planète par Lloyd’s List ainsi que 6ᵉ au rang mondial et premier en Afrique comme en Méditerranée selon l’indice de performance des ports à conteneurs (CPPI) élaboré conjointement par la Banque mondiale et S&P Global.

Pour Idriss Aarabi, ces indicateurs découlent directement d’une coordination étroite entre les différents membres de la communauté portuaire, au sein de laquelle l’information numérique joue désormais le rôle d’un actif physique déterminant. Il a ainsi souligné que « la donnée est devenue une infrastructure, au même titre qu’un quai », tout en rappelant que la valeur de ce patrimoine immatériel exige non seulement son partage mais également une gouvernance rigoureuse. Selon le directeur général de TMPA, les impératifs de qualité, d’intégrité, de sécurité et de souveraineté des flux d’information relèvent désormais directement de l’arbitrage des directions générales, d’autant plus que les infrastructures portuaires font face à la recrudescence des cybermenaces.
Abordant la dimension technologique, le responsable a insisté sur le rôle irremplaçable du capital humain dans cette mutation numérique, en rappelant qu’« aucun algorithme ne remplace le jugement » et qu’alors que l’intelligence artificielle « calcule, propose, alerte », il revient toujours à l’Homme d’arbitrer, de décider et d’assumer la responsabilité des choix opérationnels. Face à l’essor d’outils digitaux de plus en plus perfectionnés, la capacité à interpréter les données, à piloter la conduite du changement et à décloisonner des expertises métier complémentaires constitue selon lui le levier d’action le plus critique des organisations modernes.
Les travaux de cette matinée ont été rythmés par la communication de Knut Alicke, conseiller senior chez McKinsey et professeur à l’Université de Cologne ainsi qu’au Karlsruhe Institute of Technology (KIT), dédiée aux perspectives de la chaîne d’approvisionnement à l’heure des algorithmes avancés. L’universitaire a situé la montée en puissance de l’intelligence artificielle au cœur d’une transformation structurelle des supply chains, confrontées à l’instabilité des marchés, à la fragmentation géopolitique et aux fluctuations rapides des politiques commerciales mondiales. Dans cet environnement sous tension, l’anticipation devient décisive à travers la modélisation et la planification prédictive en temps réel, l’IA permettant d’agréger d’importants volumes d’informations et de corréler des variables jusqu’ici difficilement intégrables, notamment l’évolution des barrières tarifaires et la traçabilité de l’origine des flux et des fournisseurs pour mesurer l’exposition réelle des entreprises aux réglementations émergentes.
La journée s’est ensuite poursuivie par deux tables rondes mobilisant des dirigeants et spécialistes de premier plan représentant notamment DHL, Alstom, Tanger Med Port Authority, OCP Group, Diagma et Sia Partners. Ces sessions de débat ont analysé la mutation des qualifications et l’émergence de nouveaux styles de leadership, ainsi que les démarches novatrices de gestion des opérations au sein d’une chaîne logistique augmentée, mettant en relief l’exigence pour les directeurs de la supply chain de combiner expertise technique, faculté d’adaptation et vision managériale. Pour marquer cette huitième édition, les participants ont enfin expérimenté des cas d’usage concrets de l’intelligence artificielle appliquée à la logistique dans le cadre d’un atelier inédit dédié au Vibe Coding, consacrant la nécessité pour les organisations de faire converger progrès algorithmique, excellence managériale et valorisation stratégique de la donnée.
Source : Tanger Med Port Authority (TMPA) / Tangier Logistics Days