Une nouvelle réglementation environnementale pour taxer les émissions de CO2 des navires de plus de 5 000 gt
Le gouvernement du Royaume-Uni a officiellement étendu l’application de son système d’échange de quotas d’émission (UK ETS) au secteur du transport maritime. Depuis ce 1er juillet 2026, cette taxe carbone s’applique à tous les navires de transport de marchandises et de passagers d’une jauge brute égale ou supérieure à 5 000 gt effectuant des liaisons nationales ou des opérations dans les ports britanniques.
Cette initiative s’aligne sur les mesures similaires prises par l’Union européenne (EU ETS) pour forcer les armateurs à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
| Réglementation | Intégration du transport maritime domestique au marché carbone britannique (UK ETS) |
| Seuil d’application | Navires de charge et de passagers de 5 000 gt et plus |
| Couverture territoriale | Voyages intérieurs au Royaume-Uni et temps d’attente à quai |
| Objectif politique | Accélérer le verdissement de la flotte de cabotage et réduire la pollution portuaire |
Sommaire
- Les modalités techniques de l’application de l’UK ETS
- L’alignement avec les exigences du marché européen (EU ETS)
- Les impacts pour les liaisons maritimes transmanche et le Maroc
- L’essentiel à retenir
Les modalités techniques de l’application de l’UK ETS
Le système oblige les compagnies maritimes opérant au Royaume-Uni à surveiller, déclarer et restituer des quotas d’émission équivalents à leur volume de CO2 rejeté. La mesure cible le cabotage industriel et les services de passagers réguliers qui représentent une part importante des émissions domestiques.
Les navires de moins de 5 000 gt sont pour l’instant exemptés afin de préserver la rentabilité des petites liaisons insulaires.
Les fonds collectés par le biais de la vente des quotas d’émission seront réinvestis dans la recherche pour le développement de navires à propulsion vélique et électrique.
L’alignement avec les exigences du marché européen (EU ETS)
Cette extension du marché carbone britannique reflète la politique adoptée par l’Union européenne depuis 2024. Le système européen (EU ETS) a déjà entraîné une transformation profonde des modèles économiques des transporteurs en taxant 100% des trajets intra-européens et 50% des trajets internationaux au départ ou à destination de l’UE.
La mise en place de la taxe au Royaume-Uni harmonise les règles environnementales de part et d’autre de la Manche, évitant ainsi les distorsions de concurrence entre les ports britanniques et européens.
Cette réglementation commune renforce la pression sur les constructeurs navals pour accélérer la livraison de motorisations propres.
Les impacts pour les liaisons maritimes transmanche et le Maroc
En France, cette mesure impacte directement les opérateurs de ferries opérant dans le détroit du Pas-de-Calais entre Douvres et les ports de **Calais** ou **Dunkerque**. Ces compagnies, déjà soumises à la taxe européenne, devront désormais intégrer la tarification carbone britannique pour leurs opérations à quai au Royaume-Uni.
Pour le Maroc, bien que le pays ne soit pas directement soumis à l’UK ETS, les liaisons directes de transport de fruits et légumes vers les ports britanniques (comme la ligne directe de fret reliant Tanger à Poole) devront comptabiliser ces coûts carbone dans leurs frais d’escale.
Le complexe portuaire de Tanger Med suit attentivement cette prolifération des régulations régionales du carbone, car elle incite à la mise en place d’escales intermédiaires hors des zones de taxation pour optimiser les coûts des armateurs.
L’essentiel à retenir
- Marché carbone étendu : L’UK ETS s’applique au transport maritime national britannique dès le 1er juillet 2026 pour les navires de plus de 5 000 gt.
- Taxation sur le CO2 : Les armateurs devront acheter des quotas d’émission pour couvrir la pollution de leurs trajets intérieurs.
- Impact transmanche : Les compagnies maritimes françaises reliant Douvres verront leurs coûts administratifs et d’escales augmenter.