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Golfe Persique : 20 000 marins civils otages d’une crise humanitaire sans précédent

Cinq semaines après la déclaration d’urgence humanitaire de l’Organisation maritime internationale, la situation dans le détroit d’Ormuz empire dramatiquement. Vingt et une attaques confirmées contre des navires commerciaux ont fait dix morts parmi les équipages, tandis que 20 000 marins restent bloqués à bord de leurs navires, confrontés à l’épuisement des vivres et à un stress psychologique extrême.

La crise humanitaire qui frappe le golfe Arabe atteint des proportions alarmantes. Depuis le 28 février dernier, date du début des hostilités, les eaux du détroit d’Ormuz sont devenues un piège mortel pour les marins civils du monde entier.

Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), n’a pas mâché ses mots lors de sa déclaration aux ministres des Affaires étrangères de plus de quarante pays le 2 avril : « Les équipages font face à des approvisionnements en diminution, à la fatigue et à un stress psychologique sévère. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et dressent un tableau sombre de cette tragédie maritime. Selon le système de suivi vérifié des incidents de l’OMI, vingt et une attaques contre le transport maritime commercial ont été confirmées depuis le début des hostilities, soit une multiplication par trois par rapport aux sept attaques recensées lors de la première semaine seulement.

Les 20 000 marins civils qui restent prisonniers de leurs navires, incapables de traverser le détroit d’Ormuz, vivent un calvaire quotidien

Le bilan humain s’alourdit inexorablement. Dix marins ont péri dans ces attaques : un à bord du Skylight et un autre sur le MKD Vyom le 1er mars, quatre membres d’équipage du Mussafah 2 le 6 mars, puis trois autres répartis entre le Mayuree Naree et le Safesea Vishnu le 11 mars. Un ouvrier des chantiers navals a également trouvé la mort aboard le Stena Imperative le 1er mars. Un marin du Skylight demeure porté disparu.

Cette escalade de violence transforme l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde en zone de non-droit, paralysant un secteur vital pour l’économie mondiale. Les 20 000 marins civils qui restent prisonniers de leurs navires, incapables de traverser le détroit d’Ormuz, vivent un calvaire quotidien dans l’attente d’une solution diplomatique qui tarde à venir.

Cette crise met en lumière la vulnérabilité du transport maritime international face aux conflits géopolitiques et pose avec acuité la question de la protection des civils dans les zones de conflit maritime.

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