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Détroit d’Ormuz : la navigation commerciale de nouveau sous le feu croisé des frappes entre Washington et Téhéran

Opérations navales et surveillance dans le détroit d'Ormuz

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L’éphémère accalmie observée dans le détroit d’Ormuz a volé en éclats à la suite des premiers échanges de tirs directs entre les États-Unis et l’Iran depuis plus d’un mois, alors qu’une nouvelle série d’attaques contre la marine marchande menace de paralyser des couloirs de transit durement sécurisés.

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a affirmé ce lundi qu’un pétrolier non identifié avait heurté deux mines navales dans la portion méridionale du détroit, déclenchant un incendie à bord et provoquant son immobilisation totale. Sans fournir de détails sur le navire, son équipage ou sa cargaison, et alors que l’incident n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation indépendante, Téhéran a soutenu que le bâtiment tentait d’emprunter un itinéraire qu’il qualifie d’« illégal » tout en sommant les autres navires de respecter ses propres règles de navigation dans le détroit.

Ces tensions surviennent alors que le Commandement central américain avait annoncé la semaine dernière que les opérations de déminage avaient permis de libérer de toute mine marine le dispositif de séparation du trafic internationalement reconnu. De son côté, le Centre conjoint d’information maritime s’est montré nettement plus prudent, avertissant que les mines dérivantes ou non répertoriées demeurent une menace réelle autour de ce schéma de circulation et que des zones de danger de mines désignées restent actives.

Ce regain d’affrontements militaires a débuté dimanche avec la frappe conduite par les forces armées américaines contre deux rampes de lancement iraniennes situées sur l’île de Larak, un point stratégique surplombant les voies de navigation à l’entrée du Golfe. Qualifiant cette opération d’action ciblée face à une menace imminente pesant sur le trafic maritime, Washington a expliqué que le personnel des Gardiens de la révolution préparait des roquettes chargées de mines sous-marines, signant ainsi la première frappe américaine connue en territoire iranien depuis la fin du mois de juillet.

La riposte iranienne s’est matérialisée par des attaques de missiles et de drones visant des bases américaines en Jordanie. Selon des rapports iraniens, des tirs de missiles balistiques depuis plusieurs régions du pays ainsi que des lancements de missiles de croisière antinavires en direction du détroit d’Ormuz ont également été effectués, replaçant directement la navigation commerciale dans la ligne de mire.

Cette détérioration s’inscrit au terme d’une semaine particulièrement critique pour le transport pétrolier. Samedi en fin de journée, un navire-citerne entrant non identifié a été atteint par un projectile d’origine inconnue à environ 12 milles nautiques au nord de Khasab, au large d’Oman, sans faire de victimes ni provoquer de pollution. Il s’agit du troisième pétrolier frappé dans le détroit en moins d’une semaine, après le pétrolier de produits koweïtien Al Salam II, touché le 25 août avec une perforation au-dessus de la ligne de flottaison et un incendie limité, et l’Aframax sous pavillon libérien Metro Venetian, désemparé la veille à la suite d’un incendie dans sa salle des machines causé par une autre frappe.

Dans le même temps, l’Iran a renforcé le contrôle des flux entrants. Des sources de sécurité maritime rapportent que des embarcations légères des Gardiens de la révolution procèdent à des vérifications à très courte distance et ordonnent à certains navires de rebrousser chemin, tandis que Téhéran a récemment diffusé une liste de 46 bâtiments accusés d’avoir enfreint son nouveau régime de navigation. Six mois après le déclenchement des hostilités, un retour à la normale pour la navigation commerciale demeure une perspective éloignée : l’Organisation maritime internationale estime que jusqu’à 400 navires transportant environ 6 000 marins se trouvent toujours dans l’impossibilité de quitter le Golfe en toute sécurité.

Source : Splash247, 31 août 2026

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