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Rachat de ZIM : les autorités israéliennes suspendent l’examen du dossier et renvoient Hapag-Lloyd à la table des négociations

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Bien que le projet de rachat de la compagnie maritime ZIM par Hapag-Lloyd pour 4,2 milliards de dollars ne soit pas formellement enterré, les autorités gouvernementales israéliennes ont interrompu l’instruction du dossier initial, contraignant l’armateur allemand à reformuler une nouvelle proposition.

Le méga-projet d’acquisition de la compagnie maritime israélienne ZIM par le transporteur allemand Hapag-Lloyd, valorisé à 4,2 milliards de dollars, subit un revers administratif et politique de premier plan. L’Autorité israélienne des entreprises publiques a officiellement notifié à ZIM, mardi soir, la fin de l’examen de la demande initiale portant sur la cession conjointe au profit d’Hapag-Lloyd et du fonds d’investissement privé israélien FIMI, selon les révélations du média économique local Calcalist. Tout projet d’acquisition substantiellement remanié devra désormais faire l’objet d’une nouvelle approbation préalable par les conseils d’administration respectifs de ZIM, d’Hapag-Lloyd et de FIMI avant qu’un nouveau dossier d’autorisation ne puisse être formellement déposé auprès des autorités étatiques.

Ce gel de la procédure traduit une défiance grandissante au sein de l’appareil gouvernemental israélien à l’égard du montage initial conclu en février dernier. Le ministère des Finances a ainsi formellement recommandé de rejeter la transaction dans sa mouture actuelle, estimant que les risques pesant sur les intérêts nationaux et la sécurité d’approvisionnement n’avaient pas été adéquatement traités. De son côté, le cabinet du Premier ministre a exprimé de vives inquiétudes quant au risque de dépendance opérationnelle persistante de la future entité israélienne résiduelle vis-à-vis d’Hapag-Lloyd, en dépit de son contrôle capitalistique par FIMI. Ce blocage institutionnel fragilise l’offensive d’Hapag-Lloyd, qui avait pourtant soumis la semaine précédente un cadre d’engagements profondément révisé pour tenter de désamorcer les réticences sécuritaires.

Ce compromis bonifié maintenait le prix d’achat à 35 dollars par action, mais prévoyait d’accorder à l’entité locale ZIM Israel une liaison maritime directe avec l’Extrême-Orient, un renforcement des prérogatives attachées à l’action spécifique détenue par l’État israélien, des quotas accrus de marins locaux, des compétences renforcées en gestion nautique sur place, ainsi qu’un accès privilégié à la flotte mondiale d’Hapag-Lloyd, la structure nationale devant contrôler en propre une flotte de 16 navires. Toutefois, les représentants syndicaux des salariés de ZIM ont rejeté ces concessions en début de semaine, jugeant qu’une flotte restreinte à 16 porte-conteneurs demeurait notoirement insuffisante pour préserver l’indépendance maritime stratégique du pays en période de conflit ou de crise internationale.

Malgré cette déconvenue, la direction du cinquième armateur mondial refuse d’abandonner l’opération. Le président du directoire d’Hapag-Lloyd, Rolf Habben Jansen, a réaffirmé cette semaine que le groupe demeurait convaincu de la pertinence industrielle du projet et se disait prêt à consentir de nouveaux ajustements pour répondre aux exigences gouvernementales. La logique stratégique reste majeure : le rapprochement entre les deux transporteurs donnerait naissance à un ensemble de plus de 400 navires et d’une capacité supérieure à 3 millions d’EVP, consolidant durablement le cinquième rang mondial de la compagnie allemande tout en dégageant des synergies annuelles évaluées entre 300 et 500 millions de dollars. Alors que l’accord conclu en février ne peut plus prospérer dans le cadre réglementaire actuel, il appartient désormais au conseil d’administration de ZIM de décider s’il convient de remodeler une nouvelle structure transactionnelle avec Hapag-Lloyd et FIMI ou d’explorer l’ouverture de pourparlers avec un autre repreneur.

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