À la suite d’un incendie survenu dans une cale à cargaison lors de sa traversée du détroit de Malacca, l’armateur du porte-conteneurs battant pavillon français CMA CGM Petra a officiellement déclaré l’avarie commune, conditionnant la restitution des conteneurs au dépôt préalable de garanties financières par les chargeurs.
CMA CGM a notifié ses clients cette semaine de l’ouverture de la procédure d’avarie commune et de la désignation du cabinet Albatross Adjusters pour en piloter le règlement. Cette mesure juridique fait suite aux dépenses substantielles engagées pour la lutte contre le feu, les opérations d’assistance et de sauvetage en mer ainsi que les frais annexes générés par le sinistre.
Spécialiste de la gestion des recours maritimes, la société d’expertise WK Webster a confirmé que des garanties d’avarie commune devront être impérativement constituées par l’ensemble des propriétaires de marchandises avant toute mise à disposition des conteneurs. Le cabinet assure la liaison avec les répartiteurs d’avaries désignés pour fixer les montants requis et a mandaté un expert incendie indépendant afin de déterminer l’origine exacte du foyer.
Construit en 2024 et affichant une capacité de 8 000 EVP, le navire opéré sur le service KILIMA de CMA CGM reliait Singapour au port de Lamu, au Kenya, lorsqu’un feu s’est déclaré dans sa cale le 23 août dernier. Des sauveteurs professionnels sont intervenus en renfort après que l’équipage est parvenu à circonscrire le départ de feu dans un premier temps. Le porte-conteneurs a ensuite été dérouté vers Port Klang, en Malaisie, où le déchargement d’environ 450 conteneurs est programmé pour inspection.
Dans une note d’information adressée à sa clientèle le 9 septembre, la compagnie maritime française précisait que la situation à bord avait été totalement maîtrisée au terme d’intenses opérations d’extinction, le bâtiment attendant alors les autorisations d’accostage à Port Klang pour engager les contrôles techniques de la structure, des conteneurs et des cargaisons. L’incident n’a causé aucun blessé parmi les marins ni aucune pollution marine.
Cette décision vient allonger la liste récente des accidents maritimes majeurs ayant conduit les armateurs de porte-conteneurs à recourir à l’avarie commune. Les propriétaires du ONE Henry Hudson, d’une capacité de 8 212 EVP, avaient enclenché un dispositif similaire après un incendie survenu à Los Angeles en novembre dernier, tout comme les armateurs du Maersk Frankfurt, livré peu de temps auparavant, à la suite d’un sinistre majeur intervenu à son bord en juillet 2024.
Source : Splash247