Bruxelles intensifie la lutte contre le contournement des sanctions maritimes
L’Union européenne a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de sécurité en mer. Bruxelles a officiellement élargi le mandat de son opération navale en Méditerranée, EUNAVFORMED IRINI. Les forces maritimes européennes sont désormais autorisées à inspecter et arraisonner les navires suspectés de faire partie de la « flotte fantôme » (shadow fleet) exploitée par la Russie.
Cette flotte de pétroliers et de cargos vieillissants, naviguant souvent sous des pavillons de complaisance ou présentant des données de localisation falsifiées (AIS), est utilisée pour transporter le brut russe sous sanction sans respecter le plafonnement des prix décrété par le G7 et l’UE.
Une surveillance accrue aux abords du détroit de Gibraltar et de Tanger Med
Cette mesure aura des implications directes sur la navigation en Méditerranée occidentale, particulièrement dans les eaux entourant le détroit de Gibraltar et les zones d’attente à proximité du port marocain de Tanger Med. De nombreux transferts de pétrole de navire à navire (STS – Ship-to-Ship) suspectés d’impliquer du brut russe ont été signalés ces derniers mois au large de Ceuta et dans la mer d’Alboran.
Pour la France, qui participe activement aux missions navales européennes, cette décision augmente le rôle de sa marine nationale dans le contrôle des voies de navigation à proximité des ports de Marseille et de la façade méditerranéenne. Elle renforce également le contrôle par l’État du port pour prévenir les risques de pollution maritime majeure liés à ces navires sous-normaux.
La sécurisation des routes maritimes face aux menaces hybrides
L’opération Irini, dont le but initial était de faire respecter l’embargo sur les armes à destination de la Libye, se transforme ainsi en un instrument de sécurité économique et écologique globale. Les inspections viseront en priorité les navires dépourvus d’assurances valides ou présentant des risques techniques évidents.
Cette surveillance renforcée devrait entraîner une plus grande transparence dans la déclaration des cargaisons transitant entre le bassin méditerranéen et l’océan Atlantique.
Source : Splash247