Le MS Letitia navigue sans intervention humaine entre deux terminaux majeurs
Le port de Rotterdam, plus grand hub portuaire d’Europe, vient de franchir un cap historique dans le domaine de l’automatisation maritime. Le MS Letitia, un porte-conteneurs fluvial de la compagnie HTS Group, a réalisé avec succès un voyage entièrement autonome reliant la Maasvlakte (Amaliahaven) au port de Waalhaven, en naviguant au milieu d’un trafic dense et complexe.
Cette démonstration a été réalisée dans le cadre du projet européen MAGPIE (sMArt Green Ports as Integrated Efficient multimodal hubs), financé par l’Union européenne, dont l’objectif est d’accélérer la transition vers des ports intelligents, connectés et décarbonés.
Un modèle technologique d’intérêt pour Tanger Med et les ports français
Ce test grandeur nature est particulièrement scruté par les autorités portuaires de Tanger Med au Maroc, ainsi que par les grands ports français comme Le Havre (Haropa Port) et Marseille-Fos. Ces hubs investissent massivement dans les technologies de Smart Port pour optimiser le passage portuaire, réduire les temps d’attente et limiter l’empreinte carbone des opérations logistiques.
L’introduction de navires autonomes ou semi-autonomes permettrait d’accroître la sécurité et la flexibilité du transport fluvial et de cabotage, tout en désengorgeant les réseaux routiers saturés reliant les ports à leur arrière-pays.
| Navire de test | MS Letitia (HTS Group, propulsion conventionnelle) |
| Trajet autonome | Amaliahaven (Maasvlakte) vers Waalhaven (Rotterdam) |
| Cadre du projet | Initiative européenne MAGPIE (Smart & Green Ports) |
| Sécurité | Présence d’un skipper à bord prêt à reprendre les commandes |
Une gestion intelligente du trafic et de la sécurité
Durant la traversée, les systèmes embarqués du MS Letitia ont géré de manière autonome les phases d’appareillage, de navigation en chenal étroit, de détection d’obstacles (autres navires, bouées) et de manœuvre d’évitement, avant de finaliser l’accostage à destination. Bien qu’un skipper soit resté à bord par mesure de sécurité et conformément aux réglementations actuelles, aucune intervention humaine n’a été nécessaire.
L’un des défis majeurs résolus lors de cet essai a été l’intégration de la navigation autonome dans un trafic fluvial réel extrêmement dense, prouvant que les algorithmes de détection et de décision peuvent cohabiter en toute sécurité avec la navigation traditionnelle.
« Cette démonstration prouve que la technologie est prête. Les ports intelligents de demain devront intégrer ces flux automatisés pour rester compétitifs et durables », indique un rapport technique du projet MAGPIE.
Source : Splash247 / Port of Rotterdam