L’armateur grec Performance Shipping a conclu des accords d’affrètement à long terme avec Repsol Trading pour deux navires Suezmax neufs. Cette opération permet à l’entreprise de sécuriser ses investissements et de porter ses revenus contractuels à 471 millions de dollars, illustrant une stratégie d’anticipation redoutable sur le marché volatil du transport d’hydrocarbures.
Performance Shipping, société cotée au Nasdaq, vient de prouver l’efficacité de sa stratégie de gestion des risques capacitaires. L’armateur grec a annoncé la signature de contrats d’affrètement de long terme avec le groupe Repsol Trading pour deux navires de classe Suezmax (158 000 tonnes de port en lourd). Ces unités, actuellement en phase de construction aux chantiers navals chinois de Shanghai Waigaoqiao Shipbuilding, avaient été commandées en mars dernier pour un investissement estimé à 81,5 millions de dollars par navire.
Ce qui retient particulièrement l’attention des dirigeants et des directeurs supply chain du secteur, c’est la célérité avec laquelle Performance Shipping a su sécuriser l’exploitation commerciale de ces actifs complexes, des années avant leur mise à l’eau. Selon les termes de l’accord, le premier navire, livrable en octobre 2028, a été affrété pour une durée de sept ans à un tarif journalier de 35 000 dollars. Le second bâtiment, dont la livraison est prévue pour mai 2029, générera un revenu de 36 850 dollars par jour sur une période de cinq ans. Ces contrats prendront effet immédiatement à la sortie des chantiers.
Cette manœuvre s’inscrit dans un pivot stratégique remarquablement rapide. L’armateur n’a fait son entrée sur le segment spécifique des Suezmax qu’en octobre 2025, à la suite de l’acquisition de deux navires de seconde main modernes. La transformation de sa flotte vers des actifs de plus grande capacité répond à une demande structurelle forte pour le transport de vrac liquide, poussant l’entreprise à accélérer ses investissements dans de nouvelles constructions.
D’un point de vue financier, la couverture de l’investissement initial est pratiquement assurée. Andreas Michalopoulos, Président-Directeur Général de Performance Shipping, a tenu à rassurer les marchés sur la rentabilité de l’opération : « Les revenus garantis par ces affrètements couvriront la majeure partie du coût d’acquisition des navires et ajouteront une visibilité significative sur nos bénéfices. Ils augmentent le chiffre d’affaires contractuel total de la flotte de 317 millions à environ 471 millions de dollars, sur la base de la durée minimale de chaque contrat et ce, dès le début du mois d’avril 2026. »
Pour la gouvernance de l’entreprise, cette opération consolide un tableau de bord particulièrement résilient. La durée moyenne des contrats de l’armateur atteint désormais 2,8 ans, un amortisseur précieux contre les fluctuations du marché spot. L’exposition au risque est ainsi drastiquement réduite, avec un taux de couverture de la flotte s’élevant à 89,5 % des jours contractés pour 2026, 76,9 % pour 2027, pour s’établir progressivement à 46,8 % à l’horizon 2030. Un cas d’école de sécurisation des flux de trésorerie dans l’industrie maritime.