Les services de sécurité russes (FSB) affirment avoir déjoué une attaque terroriste sophistiquée après la découverte par des plongeurs de mines magnétiques de fabrication militaire occidentale, fixées sur la coque d’un transporteur de GPL à destination de la Turquie.
La guerre de l’ombre dans le secteur du transport d’énergie maritime franchit un nouveau palier. Le méthanier Arrhenius, battant pavillon du Liberia et géré par la société Maple Mariner Holding basée aux Émirats arabes unis, a été la cible d’une tentative de sabotage de grande envergure au port russe d’Ust-Luga, dans la mer Baltique.
Alors que le navire avait accosté le 20 mai pour charger une cargaison de gaz de pétrole liquéfié (GPL) à destination du port turc de Samsun, des plongeurs de sécurité ont découvert plusieurs engins explosifs magnétiques fixés près de la salle des machines. Selon le FSB, chaque mine contenait environ 7 kg d’explosif plastique, une charge capable d’infliger des dégâts critiques au navire.
Mines militaires et soupçons d’Anvers
Le Comet d’enquête de la Fédération de Russie a immédiatement qualifié l’incident de tentative d’acte terroriste et a ouvert une enquête criminelle pour trafic d’explosifs. Les enquêteurs affirment que les mines magnétiques sont de fabrication industrielle provenant d’un pays membre de l’OTAN. Les engins ont été désamorcés par des spécialistes du FSB, épaulés par la Garde nationale et le ministè de la Défense.
La porte-parole du Comité d’enquête, Svetlana Petrenko, a souligné que les mines n’auraient pas pu être installées dans les eaux russes. L’enquête se concentre désormais sur l’escale précédente du navire au port d’Anvers, en Belgique. En raison d’une grève des dockers, le navire y avait été immobilisé au mouillage pendant près d’une journée et demie, un délai jugé suspect par les autorités russes qui soupçonnent une intervention sous-marine lors de cette attente en rade.
Risques accrus pour les ports français et marocains
Cette tentative de sabotage met en lumière la vulnérabilité croissante des routes logistiques énergétiques et des infrastructures portuaires mondiales face aux menaces asymétriques. Pour le Maroc, qui dépend du GPL pour sa consommation énergétique domestique et industrielle, et pour la France, engagée dans la sécurisation de ses approvisionnements de GNL et de GPL, cette militarisation sous-marine invisible impose une vigilance accrue.
Des terminaux stratégiques comme Tanger Med, ou les terminaux méthaniers français de Fos-sur-Mer et de Dunkerque, doivent adapter leurs protocoles. La surveillance des coques par drones sous-marins ou par plongeurs autonomes pourrait devenir la norme pour les navires transitant par des zones à haute tension géopolitique.
Une sécurité drastiquement renforcée en Baltique
Ust-Luga a déjà été le théâtre d’incidents graves : en février 2025, le pétrolier Suezmax Koala s’est échoué après une mystérieuse explosion dans sa salle des machines. En réaction, la Russie a imposé des inspections systématiques par plongeurs pour tous les navires faisant escale dans ses terminaux de la Baltique. Cette nouvelle alerte confirme que le transport maritime d’hydrocarbures reste une cible privilégiée dans le cadre des tensions géopolitiques contemporaines.