Les résultats d’une enquête menée par Dualog mettent en lumière le besoin d’accompagnement des équipages
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) à bord des navires de commerce fait face à de nouveaux défis humains. Selon une récente enquête menée par le spécialiste des communications maritimes Dualog, la principale préoccupation des marins n’est plus la connectivité ou la bande passante, mais la confiance envers les outils d’IA et la surcharge d’informations.
Cette évolution montre que si les équipages sont prêts à expérimenter ces technologies, les compagnies maritimes doivent structurer le flux d’informations pour éviter la fatigue cognitive.
| Enquêteur | Dualog (spécialiste de la connectivité maritime) |
| Sujet d’étude | Perception de l’intelligence artificielle par les équipages à bord |
| Obstacle principal | Manque de confiance dans les décisions de l’IA et surcharge d’alertes |
| Recommandation | Filtrage intelligent des données et formation accrue à la littératie IA |
Sommaire
- La confiance, clé de voûte de la collaboration homme-machine
- Lutter contre la surcharge d’informations en passerelle
- Les enjeux de formation pour l’ISEM au Maroc et l’ENSM en France
- L’essentiel à retenir
La confiance, clé de voûte de la collaboration homme-machine
Les marins utilisent déjà de manière informelle des outils d’IA pour optimiser les calculs de chargement ou résoudre des pannes techniques. Cependant, lorsqu’il s’agit d’intégrer des systèmes d’aide à la décision automatisés pour la navigation ou l’évitement de collisions, le niveau de méfiance reste élevé.
Les officiers de quart expriment le besoin de comprendre la logique derrière les recommandations formulées par l’IA avant de leur déléguer des tâches critiques.
Développer une « IA explicable » (Explainable AI) est donc crucial pour faciliter l’adoption de ces technologies à bord.
Lutter contre la surcharge d’informations en passerelle
Avec la multiplication des capteurs connectés, les passerelles de navigation modernes font face à un déluge continu d’alertes et de données analytiques. Cette surcharge d’informations (information overload) peut paradoxalement altérer la concentration des officiers lors des phases de navigation délicates.
L’enquête de Dualog suggère que les systèmes d’IA doivent agir comme des filtres intelligents, ne présentant aux marins que les alertes hautement prioritaires.
Les compagnies maritimes doivent ainsi repenser les interfaces homme-machine pour préserver la clarté des décisions en passerelle.
Les enjeux de formation pour l’ISEM au Maroc et l’ENSM en France
L’évolution technologique des navires nécessite une mise à jour rapide des programmes de formation maritime. Au Maroc, l’Institut Supérieur d’Études Maritimes (ISEM Casablanca) intègre progressivement des modules sur la cybersécurité et la gestion des données à bord pour préparer les futurs officiers marocains.
En France, l’École Nationale Supérieure Maritime (ENSM) développe des simulateurs de navigation connectés pour habituer les élèves à collaborer avec des systèmes d’IA.
Ces initiatives académiques sont indispensables pour former une génération de marins capables d’exploiter l’IA en toute sécurité, sans en subir la surcharge.
L’essentiel à retenir
- Défi humain : La confiance des marins et la gestion de la surcharge de données sont les nouveaux obstacles à l’adoption de l’IA à bord.
- Pratiques informelles : Les équipages utilisent déjà l’IA pour des tâches quotidiennes, mais restent prudents pour les décisions de navigation.
- Rôle de la formation : L’ISEM au Maroc et l’ENSM en France adaptent leurs cursus pour former les officiers à ces outils numériques.