Deux stratégies opposées redessinent le paysage de la conteneurisation mondiale
Le marché mondial du transport de conteneurs connaît un bouleversement majeur. Selon les dernières données d’Alphaliner publiées en juin 2026, la compagnie italo-suisse MSC (Mediterranean Shipping Company) a atteint une part de marché sans précédent de 21,6 %, avec une capacité de flotte dépassant 7,3 millions d’EVP.
Cette domination sans partage dépasse le record historique précédent détenu par Maersk (19,3 % en 2018). À l’inverse, l’armateur danois Maersk voit sa part de marché reculer à son plus bas niveau en vingt ans, s’établissant désormais aux alentours de 13,7 %.
Quel impact sur la connectivité de Tanger Med et de la France ?
Ce basculement des forces a des conséquences directes pour les principaux hubs logistiques franco-marocains. MSC et Maersk sont en effet les deux principaux opérateurs mondiaux desservant le port marocain de Tanger Med, ainsi que les ports français du Havre et de Marseille-Fos.
La stratégie d’expansion massive de la flotte de MSC garantit aux exportateurs et importateurs des deux pays une offre de capacité très importante et une densité de lignes maritimes inégalée. En revanche, le choix de Maersk de stabiliser sa flotte pour se concentrer sur l’intégration logistique de bout en bout (incluant le ferroviaire, le routier et l’entreposage) vise à améliorer la fiabilité des chaînes d’approvisionnement plutôt que de mener une guerre des prix sur le fret.
La fin des alliances globales traditionnelles
Cette divergence s’accentue également dans le cadre de la future alliance Gemini Cooperation que Maersk s’apprête à lancer avec Hapag-Lloyd, tandis que MSC exploitera son gigantesque réseau de manière autonome.
Pour les chargeurs marocains et français, ce nouveau duopole aux modèles économiques radicalement opposés offrira deux alternatives claires : d’un côté, la puissance d’emport de MSC avec un grand nombre d’escales, et de l’autre, la gestion intégrée et la fiabilité de Maersk.
Source : Alphaliner / Splash247