Face à l’escalade militaire autour du détroit d’Ormuz et après un week-end marqué par des attaques réciproques ayant touché plusieurs navires citernes, les autorités iraniennes prévoient d’établir un périmètre d’exclusion maritime élargi, tandis que Goldman Sachs alerte sur un risque d’envolée du baril de Brent jusqu’à 120 dollars.
L’intensification des affrontements ciblant le transport d’hydrocarbures au niveau de ce goulet stratégique fait peser une lourde menace sur les cours pétroliers mondiaux. Daan Struyven, coresponsable de la recherche mondiale sur les matières premières chez Goldman Sachs, a souligné que la dynamique observée ces derniers jours démontre un risque tangible d’élargissement et d’aggravation des perturbations maritimes. D’après l’institution financière, une spirale d’escalade pourrait propulser les cours du baril à 120 dollars, alors que le Brent s’échangeait aux alentours de 97 dollars ce lundi matin.
Cette mise en garde intervient au terme d’une fin de semaine exceptionnellement tendue sur le plan opérationnel. Samedi soir, le Corps des gardiens de la révolution islamique a revendiqué avoir pris pour cible trois pétroliers naviguant sur ce qu’il a qualifié d’« itinéraire non autorisé » dans le détroit d’Ormuz, en plus de trois autres navires associés aux intérêts américains dans des secteurs distincts. Les identités exactes des pétroliers visés n’ont toutefois pas fait l’objet de confirmation.
En parallèle, l’organisme britannique de sécurité maritime UK Maritime Trade Operations a rapporté que plusieurs navires de commerce ont essuyé des « tirs de neutralisation » dans les zones septentrionales du golfe Arabo-Persique et du golfe d’Oman, sans que le bilan humain ou d’éventuelles pollutions marines ne soient encore précisés à ce stade.
Ces initiatives iraniennes ont fait suite à des frappes militaires américaines dirigées contre trois unités de la compagnie nationale iranienne NITC. Le commandement central des États-Unis a indiqué que les pétroliers Downy, touché près de l’île de Kharg, et Stark 1, localisé à proximité de Jask, ont été définitivement mis hors d’état de naviguer, tandis que le Kylo, également répertorié sous le nom de Noxen et qui naviguait lège, a été détruit dans les eaux du golfe d’Oman. Washington a justifié ces opérations en affirmant qu’il s’agissait de représailles consécutives à des tirs de missiles balistiques iraniens dirigés contre deux bâtiments de guerre de l’US Navy.
La confrontation semble désormais dépasser le cadre des attaques isolées de navires. Mohsen Rezaei, récemment désigné à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, a annoncé dimanche que la République islamique officialisera dans les prochains jours la création d’une zone d’exclusion aux abords d’Ormuz. Selon les prévisions, cette zone devrait s’étendre depuis ce que Téhéran considère comme la ligne de blocus naval américain en direction du détroit et englober certaines parties du golfe Persique. Les navires qui tenteraient de pénétrer dans ce secteur et de transiter par Ormuz s’exposeraient à des mesures coercitives ou à des sanctions de la part des autorités iraniennes.
Source : Splash247