Dans un contexte géopolitique incertain, le Maroc vise à renforcer sa souveraineté maritime par l’établissement d’un cadre légal dédié à sa marine marchande. Cette initiative a pour objectif de diminuer la dépendance aux armateurs étrangers tout en sécurisant des approvisionnements stratégiques essentiels.
Dans cette optique, le ministère du Transport et de la Logistique élabore activement un projet de loi visant à créer un dispositif fiscal et juridique incitatif pour soutenir l’émergence d’une flotte commerciale nationale compétitive.
Un registre d’immatriculation modernisé pour les navires de commerce
Ce cadre législatif instaurera un pavillon marocain conforme aux standards des registres maritimes internationaux de premier plan. Les armateurs bénéficieront d’amortissements accélérés pour l’acquisition de nouveaux navires, ce qui devrait inciter les investisseurs marocains et étrangers à adopter le pavillon national.
L’Institut Supérieur d’Etudes Maritimes (ISEM) de Casablanca jouera un rôle majeur en formant les officiers et l’équipage qualifié indispensables au bon fonctionnement de cette flotte.
Sécuriser les approvisionnements stratégiques du pays
Actuellement, plus de 95 % des opérations maritimes du Maroc dépendent d’armateurs étrangers, une situation vulnérable face aux aléas du marché. La création d’une flotte nationale contribuera à sécuriser les approvisionnements en blé et en pétrole, particulièrement en cas de tensions géopolitiques dans les zones d’approvisionnement.
En outre, cette démarche favorisera la conservation des devises en réduisant les coûts des frets maritimes, tout en renforçant l’autonomie économique du Maroc.