Les services de sécurité américains ont intercepté environ 227 kg (500 livres) de cocaïne, d’une valeur marchande estimée à 6,4 millions de dollars, à bord du pétrolier aframax *Aquatravesia*. Un officier philippin a été arrêté et inculpé pour son rôle présumé dans cette tentative de contrebande internationale liée à un cartel mexicain.
Une fouille minutieuse au port de Los Angeles
L’interception est le fruit d’une opération conjointe menée par le service d’enquête de la sécurité intérieure (HSI) et les garde-côtes américains (US Coast Guard). Lors de l’arrivée du navire au port de Los Angeles-Long Beach, un chien détecteur de stupéfiants a marqué un arrêt suspect dans la cabine équipage et le local à déchets, menant à la découverte des paquets de drogue.
Ceasar Tubay Gelacio Jr. (43 ans), de nationalité philippine, a été arrêté à bord. Il est poursuivi pour importation illégale de substances contrôlées et risque une peine minimale obligatoire de 10 ans de prison.
Un rendez-vous manqué en mer avec un cartel mexicain
Selon les documents déposés devant le tribunal fédéral de Los Angeles, les enquêteurs disposaient d’informations indiquant que le navire transportait une importante cargaison de stupéfiants en provenance de son dernier port d’escale, en Équateur.
L’opération a commencé à échouer à bord lorsque d’autres membres d’équipage ont découvert les colis suspects cachés. Le capitaine a alors mené son enquête interne, identifiant Gelacio et isolant la drogue en lieu sûr. Le capitaine a également signalé aux enquêteurs avoir reçu des appels radio suspects de la part de cartels mexicains. Ces derniers prévoyaient d’intercepter le navire à l’aide d’embarcations rapides à environ 80 milles nautiques des côtes mexicaines pour récupérer la cocaïne lors de sa navigation vers le nord. Le transfert n’ayant pas eu lieu, la cargaison est restée à bord jusqu’aux eaux américaines.
Les navires de commerce, cibles privilégiées des narcotrafiquants
L’Aquatravesia, un pétrolier moderne de 113 000 tpl construit en 2017 et battant pavillon du Liberia, est détenu par l’armateur grec Unisea Shipping et opère actuellement sous contrat d’affrètement pour le courtier suisse Mercuria. Ni l’armateur ni l’affréteur ne sont mis en cause dans cette affaire.
Cette saisie met une nouvelle fois en lumière les pressions et les risques de sécurité majeurs auxquels font face les équipages de la marine marchande face aux réseaux criminels mondiaux, un sujet de préoccupation quotidien pour les autorités portuaires marocaines à Tanger Med et européennes.